À travers son projet « J’aime ma langue », le Bénin mise sur l’intelligence artificielle (IA) pour donner une existence numérique aux langues locales du pays ouest-africain. Ce projet est né d’une collaboration entre l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN), l’organisme gouvernemental chargé de la mise en œuvre de la stratégie numérique du Bénin, et l’Institute for Inclusive Digital Africa (IIDiA), un centre d’expertise œuvrant à rendre la transformation numérique en Afrique plus équitable et inclusive.
Il consiste en une plateforme numérique permettant aux citoyens de contribuer à la constitution d’une base de données audio nationale des langues locales. La phase pilote a démarré avec le fongbé, la langue nationale la plus parlée au Bénin.
L’utilisateur de la plateforme lit ou répète des phrases dans sa langue ; sa voix est enregistrée et envoyée de façon anonyme vers une base nationale où un comité d’experts assure la validation et le traitement des données, a précisé le gouvernement du Bénin. Ces données sont ensuite utilisées pour entraîner des modèles d’IA capables de comprendre les langues locales.
Il s’agit d’une première étape vers la création d’assistants vocaux et d’applications locales en langues béninoises. Le projet vise à permettre à chaque citoyen de dialoguer avec la technologie dans sa langue maternelle, a-t-on souligné.
« La technologie ne doit pas seulement connecter les individus, mais aussi préserver ce qui les relie profondément : la langue et la culture », a déclaré un responsable de l’ASIN. Pour les initiateurs du projet, l’avenir du numérique africain se construira dans les langues africaines.
dpa
