Dans un pays meurtri par les conflits et l’instabilité, la République centrafricaine vient d’envoyer un signal fort : en ratifiant officiellement, le 29 juillet 2025, le Protocole de Maputo, elle choisit de placer la dignité et les droits des femmes au cœur de son avenir.
Ce traité phare de l’Union africaine, adopté en 2003, est considéré comme la référence en matière de protection des droits des femmes sur le continent. En y adhérant, la RCA devient le 46ᵉ État à s’engager contre les violences sexistes, le mariage précoce et les mutilations génitales féminines, tout en affirmant son soutien à l’égalité dans la vie politique, économique et sociale.
Si la ratification marque une avancée institutionnelle, elle est surtout l’aboutissement d’un combat mené de longue date par les associations de défense des droits des femmes. La coalition panafricaine SOAWR et ses partenaires locaux ont joué un rôle décisif. « La société civile a parlé d’une seule voix et le gouvernement a entendu cet appel », souligne le Dr Tom Mulisa, l’un des artisans de la mission de plaidoyer menée à Bangui en juin dernier.
Derrière la signature officielle, un immense chantier attend désormais les autorités centrafricaines : adapter les lois nationales, renforcer la justice, créer des services de soutien aux survivantes de violences, et sensibiliser les communautés pour briser le poids des traditions nocives.
« C’est une étape symbolique, mais elle doit être suivie d’actions concrètes », rappelle Esther Waweru d’Equality Now. « Les droits des femmes ne se décrètent pas, ils se construisent jour après jour par la loi, mais aussi par la volonté politique. »
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